au jour le jour, vous dévoile son éphéméride

Archives de février, 2009

Romain

Je n'ai pas connu mon grand-père paternel, je sais juste qu'il s'appelait Romain. Il avait eu le "courage" d'entrer dans une famille de femmes, où régnait le matriarcat. Dans cette famille, les filles ont toujours été en large supériorité numérique. Cela ne lui a pas porté chance. Il épousa une dénommée Céline, ma grand-mère, l'aînée de quatre soeurs. Ce n'étaient pas Les Quatre Filles du Dr March mais les quatre filles du père Henri !

Romain

Le 15 septembre 1914, il est mort pour la France, à Pargny-sur-Saulx, dans la Marne, et a reçu à titre posthume la croix de guerre avec étoile de bronze. Né le 10 mai 1888 à Annay-sous-Lens, il avait donc 26 ans à sa mort, laissant une veuve de 20 ans, et deux fillettes âgées respectivement de deux ans et de trois semaines, sa seconde fille qu'il ne connut jamais, et à qui l'on attribua le prénom de Romaine ; c'était ma mère.

Je ne sus jamais si c'est en son honneur que j'eus droit durant toute mon enfance et mon adolescence à des promenades dominicales qui me faisaient "gravir en venant de la plaine de Lens une colline qui culminait à 165 mètres : la ligne de crêtes allant de Vimy à Souchez, lieu de combats acharnés en 14-18. Vimy et son célèbre monument canadien, érigé à la glore de nos alliés, où sont conservés les cratères d'obus et les tranchées (avec parfois moins de 100 mètres entre les lignes adverses), et plus loin Notre-Dame-de-Lorette, sur la commune de Souchez, et où l'on peut voir un cimetière de 19 000 tombes (22 000 soldats inconnus y sont également ensevelis." [GG, Soldat de la Grande Guerre, 1914-1918, 11 novembre 2008].
Ce que je sais, c'est que je dois l'inspiration de cette note en grande partie au Grincheux, que je remercie, que j'ai pillé tant ce qu'il y racontait correspond à ce que j'ai vécu dans ma jeunesse. Je déplore que mon grand-père, mort prématurément, n'eut jamais la possibilité, comme le sien, de nous égrener ses souvenirs de poilu, des faits épiques survenus ici et ailleurs  (Chemin des Dames, taxis de la Marne, tranchée des baïonnettes, Douaumont, Fort de Vaux…)

Et il me reste aujourd'hui  une certaine nostalgie de ces dimanches, alors que, adolescente, j'avais l'espoir, au milieu de ces champs de ruines, de rencontrer un ami cher, les pulsions de vie étant plus fortes que celles de mort, tout au moins quand on a la jeunesse et l'avenir devant soi !

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Honorine de Brabant

Rose 

Honorine de Brabant est le nom d'un rosier remontant à fleurs doubles d'un rose tendre tacheté et strié de lilas. Il fleurit de juin à la fin de l'automne en dégageant un parfum exquis. Il fait partie d'une variété de roses anciennes, les roses Bourbon, originaires de l'île Bourbon (actuelle île de la Réunion). C'est l'hybridation spontanée des roses de Damas et des roses de Chine, qui constituaient des haies pour protéger les cultures, qui a donné naissance aux roses Bourbon.

J'éprouve une véritable passion pour les roses. Pour leur beauté, leurs couleurs, pour leur parfum, pour leur symbolisme. Rien ne me plairait tant que d'avoir une collection de rosiers dans mon jardin. Et je rêve d'aller à L'Haye-les-Roses visiter la roseraie, par un belle journée ensoleillée. Mais pour cela, il va me falloir attendre un peu, je le crains !

 

Nestor

Nestor Burma bien sûr !

Nestor                                                                       Riffifi

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Roméo, paix à ses cendres

Le Mercredi des Cendres est le premier jour du Carême, période de quarante jours avant Pâques pendant laquelle les chrétiens se préparent à la semaine sainte, par le jeûne, la privation, la prière et l'aumône. Tout cela dans le but d'expier leurs fautes ! Cette période est coupée en deux par la mi-carême, journée où l'on s'amuse. Pendant le Carême, l'Eglise interdit non seulement la consommation de viande, mais aussi la célébration des mariages et les relations conjugales une espèce de Ramadan, en fait !). A la fin du temps du Carême se déroule la fête de Pâques qui célèbre la mort, puis la résurrection du Christ.
Le symbolisme des cendres se trouve déjà dans l'Ancien Testament. Il évoque la représentation du péché, la fragilité de l'être et, quand l'homme se recouvre de cendres, le regret suivi de l'espoir du pardon. Lors de la messe, le prêtre marque le front des fidèles avec un peu de cendres, pour se souvenir que l'homme n'est que poussière, à l'instar d'Adam condamné après son péché à retourner poussière.

Mais ce jour fête aussi les Roméo, dont je ne vous parlerai pas, vous connaissez vos classiques.
'oméo pa'ti ? Pauv' Juliette ! Il ne reste qu'un goût de cendres dans la bouche.

Cependant, une question me taraude : comment aller de l'alfa (romeo) à l'omega (top chrono) ?

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Mardi gras

Mardi gras est une fête catholique qui termine la semaine des sept jours gras, autrefois appelés "jours charnels". Avant le Mercredi des Cendres, et donc avant le début des privations, on faisait gras avant de commencer le Carême. Plus de gras ? Vite on fait frire des beignets et des bugnes. Plus d'oeufs ? Vite on fait des crêpes. Plus de viande ? Alors on fait carnaval, qui vient du latin carnelevare, qui signifie enlever la chair (retirer la viande de la table – pas des os !). Autrefois, on appelait ce jour "Carême prenant", car c'est le dernier jour pour danser, chanter, manger, faire la fête.
En Pologne, on fête, d'une manière à peu près semblable, le Jeudi gras, soit six jours avant le début du Carême : les Polonais vont dans les cafés ou se réunissent en famille pour manger des gâteaux et des beignets (pączki), les pâtisseries étant interdites pendant le Carême.

Où qu'il ait lieu, du Nord au Sud, le carnaval se caractérise par les déguisements, la musique, la parade et les chars.

 Lydéric RCL       Phinaert

La période du Carnaval
change le monde.
Celui qui va bien, celui qui va mal,
le Carnaval nous fait tous nous réjouir.
Celui qui a de l’argent,
doit le dépenser,
Celui qui n’en a pas,
espère en trouver;
il fait le marchand pour aller s’amuser.
Ici la femme et là-bas le mari,
chacun a son goût,
va où il est invité
à jouer et à danser.
[Carlo Goldoni]

Venise 

Mais tout a une fin, et Colombine vous dit :

 

Arlequin n’est pas en train
Scaramouche n’ouvre plus la bouche
Polichinelle s’est fait la belle
Brighela a remisé ses plats
Matamore ne va pas fort
Le médecin ne se sent pas bien
Isabelle a attrapé la varicelle
Colombine a petite mine
Pierrot ne trouve plus ses mots
Les masques ne dansent plus la bergamasque
Et nous montrent leurs basques
Les lampions ont fini de brûler, la fête est terminée.

Lazare

Lazare est mort, Jésus l'a ressuscité.

Moi morte, qui me ressuscitera ? Quel est le Prince charmant qui, d'un doux baiser, me réveillera de mon sommeil ?

Dommage que j'aie passé l'âge de croire aux contes de fée. Quand je serai morte, je serai morte, et bien morte, pour l'Eternité ! Et si quelqu'un a la preuve absolue du contraire, qu'il vienne m'en toucher deux mots, je serai prête à l'écouter…

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Isabelle

Ce mot « Isabelle » m’évoque tant de choses que ce billet va partir tous azimuths ! Mais restons concentrés. Allons de l’animal vers l’homme… ou la femme plutôt !






Papillon Un papillon tout d’abord.
L’isabelle de France est une espèce protégée au niveau national (et mentionnée dans les textes européens (convention de Berne et directive Habitats Faune-Flore). L’espèce n’est présente que dans quelques localités du sud des Alpes et dans les Pyrénées-Orientales.





ChevalIsabelle Un cheval ensuite, ou plutôt sa robe.
Une robe Isabelle est composée de deux couleurs séparées : un fond de robe café-au-lait, les crins et les extrémités des membres et de la tête noirs. Dans la forme « sauvage », le cheval peut présenter des zébrures et une raie de mulet. Cette dénomination proviendrait du prénom espagnol Isabel, nom de la reine Isabelle Ire de Casteille qui, lors du siège de Grenade en 1491, aurait fait le voeu de ne pas changer de chemise avant la prise de la ville ; de ce fait, cette chemise avait jauni et les manchettes en étaient fort sales.



























Le prénom Isabelle est très répandu dans l’Histoire, en particulier l’Histoire de France et d’Espagne (Aragon et Castille), dans le monde de l’écriture, de la chanson, du cinéma, du sport, de la télévison et de la radio…


Je retiens aujourd’hui Isabelle Aubray, chanteuse née à Lille dans une famille nombreuse ; d’origine modeste, elle fut ouvrière dans une usine textile, mais aussi championne de gymnastique. Elle est repérée en 1960 par Bruno Coquatrix, puis par Jacques Canetti l’année suivante.  En cette belle année 1962, elle remporte l’Eurovision avec Un premier amour. Elle rencontre Ferrat et Brel, dont elle fera la première partie à l’Olympia en 1963. Ce sont les deux artistes qu’elle chantera le plus. Mais en 1963, un terrible accident de voiture interrompt brutalement sa carrière. Brel lui offre les droits d’auteur de La Fanette, Ferrat lui écrit C’est beau la vie. Elle fera son retour en 1968, enchaînant les tournées en France et à l’étranger. En 1992, elle enregistre un album consacré à Aragon et reçoit la Légion d’honneur (j’en connais que cela fait grincer des dents). On se fait un petit coup d’Eurovision 1962 ? Allez, sortez vos mouchoirs !



 



Pour finir sur une note moins nostalgique, une petite histoire à laquelle me fait penser la forme ancienne de ce prénom : Isabel, ou Isabeau au masculin. Savez-vous comment la reine Isabel faisait l’amour ? Page après page. Et le roi Isabeau ? En tournant les pages.


Un additif pour un commentateur discret :

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