au jour le jour, vous dévoile son éphéméride

Archives de mai, 2009

Pentecôte

Pentecôte humide, Noël splendide ! Femme humide, homme turgide !

Cinquante jours après Pâques, les chrétiens fêtent la Pentecôte, c'est immuable. Pentecôte signifie cinquantième en grec. La Pentecôte, célébrée en suivant l'Evangile de Luc, commémore le don de l'Esprit saint aux apôtres qui reçurent le don des langues* pour répandre la Bonne Nouvelle.
La Pentecôte correspond à Chavou'oth, la fête des Moissons chez les juifs, célébrée cinquante jours après Pessah, aussi apprelée fête des Semaines, fête des Prémices, fête de la Moisson. Mais c'est surtout la fête du Don de la Torah, synonyme de joie pour le peuple juif qui reçut la Torah, cette nourriture de l'âme. C'est le jour où l'on rappelle l'histoire de Ruth, cette Moabite qui se convertit au judaïsme et épousa Booz ; tous deux furent les aïeux de David.

Je suis particulièrement attachée à ce personnage de Ruth qui représente une fécondité séculaire : 
L’histoire de Ruth est une parabole de l’exil. Elle met en scène une existence faite d’attente et de désir. Un désir d’où peut surgir une fécondité qui se prolongera de siècles en siècles. Ruth enfante un fils mais ne se laisse pas remplir pour autant : cet enfant, elle le place dans les bras de Noémi. Parce que ni Ruth ni Booz n’enferment ce fils dans leurs bras possessifs, celui-ci peut s’appeler Obed, ce qui signifie « serviteur » de Dieu. Parce qu’il a été rendu libre par le retrait de ses parents, Obed peut se mettre au service du désir de Dieu qui a en vue le salut de tout le peuple : il sera le grand-père de David. Ruth enfante ainsi un avenir : « Booz enfanta Obed avec Ruth, Obed enfanta Jessé, Jessé enfanta le roi David, David enfanta Salomon […]. Jacob enfanta Joseph l’époux de Marie de qui est né Jésus le Messie. (Source : Réforme, n° 3191, 21/09/2006)
 

Ainsi parlait Booz dans le rêve et l'extase,
Tournant vers Dieu ses yeux par le sommeil noyés ;
Le cèdre ne sent pas une rose à sa base,
Et lui ne sentait pas une femme à ses pieds.

Pendant qu'il sommeillait, Ruth, une moabite,
S'était couchée aux pieds de Booz, le sein nu,
Espérant on ne sait quel rayon inconnu,
Quand viendrait du réveil la lumière subite.

Booz ne savait point qu'une femme était là,
Et Ruth ne savait point ce que Dieu voulait d'elle.
Un frais parfum sortait des touffes d'asphodèle ;
Les souffles de la nuit flottaient sur Galgala.

L'ombre était nuptiale, auguste et solennelle ;
Les anges y volaient sans doute obscurément,
Car on voyait passer dans la nuit, par moment,
Quelque chose de bleu qui paraissait une aile.

La respiration de Booz qui dormait
Se mêlait au bruit sourd des ruisseaux sur la mousse.
On était dans le mois où la nature est douce,
Les collines ayant des lys sur leur sommet.

Ruth songeait et Booz dormait ; l'herbe était noire ;
Les grelots des troupeaux palpitaient vaguement ;
Une immense bonté tombait du firmament ;
C'était l'heure tranquille où les lions vont boire.

Tout reposait dans Ur et dans Jérimadeth ;
Les astres émaillaient le ciel profond et sombre ;
Le croissant fin et clair parmi ces fleurs de l'ombre
Brillait à l'occident, et Ruth se demandait,

Immobile, ouvrant l'oeil à moitié sous ses voiles,
Quel dieu, quel moissonneur de l'éternel été,
Avait, en s'en allant, négligemment jeté
Cette faucille d'or dans le champ des étoiles.

(Victor Hugo, La Légende des siècles, Booz endormi)

Ete

Nicolas Poussin, L'été ou Ruth et Booz

* Les langues de feu : le feu symbolise souvent Dieu lors de ses apparitions que l'on nomme "théophanies". On pense au buisson ardent que vit Moïse. Ici le feu prit la forme de langues, terme qui jour sur deux sens, en grec comme en français : celui des flammes et celui des langues diverses dans lesquelles s'exprimaient les apôtres lorsqu'ils enseignaient la parole de Dieu.

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Ferdinand

Je me serais volontiers contentée de vous chantonner : "Ferdinand hausse-moi que je voie la fusée qui vole. Ferdinand hausse-moi que je voie la fusée voler", sur un air d'antan que vous connaissez peut-être. Mais cela n'aurait pas été sérieux. Tandis qu'avec Louis-Ferdinand Céline, tout de suite, le niveau est rehaussé d'un cran !

 
Impossible de passer sous silence Ferdinand, comte de Lesseps, né à Versailles en 1805, diplomate, entrepreneur français. Tout le monde le connaît pour avoir fait construire les canaux de Suez et de Panama. Mais que sont ces canaux à côté du "mien"… du "nôtre" si quelqu'un veut partager ? 
 
Canal copie 
 
Avec un ciel si bas qu'un canal s'est perdu
Avec un ciel si bas qu'il fait l'humilité
Avec un ciel si gris qu'un canal s'est pendu
Avec un ciel si gris qu'il faut lui pardonner
Avec le vent du nord qui vient s'écarteler
Avec le vent du nord écoutez-le craquer
Le plat pays qui est le mien

Aymar

Jean Aymar !

Saint-Germain-des-Prés

Lipp Lesdeuxmagots


 


 



Flore


Comptoir4


Saint Augustin

Très jeune, Augustin est attiré par la philosophie. Il se rapproche des mouvements manichéens avant de se tourner vers le néoplatonicisme : il ne voit aucune contradiction entre le christianisme et le concept platonicien des "idées éternelles"  qui, pour lui, sont partie intégrante du Dieu éternel. Cependant, il considère que l'histoire est en mouvement, s'opposant en cela à Platon pour qui elle est un processsus cyclique, niant par là même le caractère unique de Jésus-Christ et la promesse de son évangile. De la même manière, l'univers nous enseigne la sagesse de Dieu ; c'est par le savoir que l'homme s'éveille aux vérités de la sagesse éternelle. S'il pense que l'homme est libre de choisir entre le bien et le mal, il a besoin de la foi en Dieu pour faire le juste choix.
Saint-Augustin a eu une influence importante dans la pensée chrétienne occidentale. Il a posé les fondements de la culture chrétienne. Il a défini les bases de la séparation des pouvoirs spirituel et temporel. Il a instauré le latin ecclésiastique. Il est à l'origine du mouvement réformateur, qui inspirera Calvin, Luther puis les jansénistes.
Son ouvrage principal, Les Confessions (confessions directement à Dieu),  est une autobiographie dans laquelle il raconte ses premiers péchés, ses premières débauches… sa rencontre avec Ambroise qui l'éloigne des manichéens, sa découverte du néoplatonicisme ;  il y décrit sa conversion au christianisme. Sa doctrine s'appuie sur sa foi en Dieu mais ne combat pas la raison. Elle est une méditation de l'intelligence sur la création, le bien et la vertu.

"Est vrai ce qui est."  "Aime, et fais ce que tu veux."
"La mesure de l'amour, c'est d'aimer sans mesure."
Et, plus spécialement pour l'Homme libre : "La liberté est le privilège des grands coeurs."

Je vais vous faire un aveu, cette fois très sérieusement ; je me sens en parfaite adéquation avec la pensée de Saint-Augustin, car je pense qu'"être libre, c'est servir par les forces de l'amour."

Bérenger, l’abbé Saunière

Rennes Tapez "abbé Saunière" ou "Rennes-le-Château", "villa Béthanie", "Marie Dénarnaud", "tour Magdala", "trésor des Cathares",  "trésor des Templiers"… dans Gogole… et bonne lecture.

Dan Brown s'en est aussi mêlé avec son Da Vinci Code.

Comment Bérenger Saunière, curé d'un petit village, est-il devenu riche ? Depuis les années 1960, le mystère ne cesse de croître, provoquant de multiples hypothèses sur la présence d’un trésor à Rennes-le-Château…

Je connais des gens (parmi mes proches) qui y sont allés de nombreuses fois, dans l'espoir d'y découvrir le soi-disant trésor caché de l'abbé Saunière.
J'y suis allée aussi, mais je n'ai pas trouvé l'hypothétique trésor. Je dois avouer que je ne l'ai pas cherché, or le proverbe dit : "Cherche et tu trouveras".
Non, j'y suis allée parce que la région est belle, et j'y ai fait une autre découverte, bien plus intéressante : des mûriers à foison, couverts de fruits, et je me suis barbouillée de mûres bien juteuses !
Ces mûres me donnent l'occasion de vous citer ce poème de Ponge :

Aux buissons typographiques constitués par le poème sur une route qui ne mène hors des choses ni à l'esprit, certains fruits sont formés d'une agglomération de sphères qu'une goutte d'encre remplit.
Noirs, roses et kakis ensemble sur la grappe, ils offrent plutôt le spectacle d'une famille rogue à ses âges divers, qu'une tentation très vive à la cueillette.
Vue la disproportion des pépins à la pulpe les oiseaux les apprécient peu, si peu de chose au fond leur reste quand du bec à l'anus ils en sont traversés.
Mais le poète au cours de sa promenade professionnelle, en prend de la graine à raison : « Ainsi donc, se dit-il, réussissent en grand nombre les efforts patients d'une fleur très fragile quoique par un rébarbatif enchevêtrement de ronces défendue. Sans beaucoup d'autres qualités – mûres, parfaitement elles sont mûres – comme aussi ce poème est fait. »

Sophie

Le prénom Sophie est d'origine grecque  et veut dire sagesse : Sophie était la déesse de la sagesse.
Sofia signifie également savoir.
Sainte Sophie (+ vers 137) fut martyre avec ses trois filles Foi, Espérance et Charité (les trois vertus théologales), appelées en russe : Véra, Nadège et Lioubov.

Si vous aimez lire, vous avez l'embarras du choix :
Le Monde de Sophie, de Jostein Gaarder  
Les Stances à Sophie, de Chrisitane Rochefort
Les Malheurs de Sophie, de la comtesse de Ségur
Le Choix de Sophie, de William Styron
Les Cakes de Sophie, de Sophie Dudemaine
Un cadeau pour Sophie, de Gilles Vigneault
Sophie, série de BD de Jidéhem

Si vous préférez voyager, en route pour Constantinople, Bizance ou Istanbul, comme vous préférez, pour visiter Sainte-Sophie, successivement Eglise de la sagesse divine sous le règne de Constantin ; brûlée, Justinien fait construire la basilique, qui sera transformée en mosquée sous le sultan Mehmet II ; elle est aujourd'hui un musée et cet édifice est d'une rare beauté.


Istanbul : Ste Sophie (Ayasofya)

Vous avez échappé à la chanson paillarde, Stances à Sophie. Ce n'est pas mon jour de bonté !

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