au jour le jour, vous dévoile son éphéméride

Archives de septembre, 2010

Particules élémentaires

Nous déplorons ce matin la mort du physicien Georges Charpak, à l'âge de 86 ans. Il avait reçu le prix Nobel de physique en 1992,  pour ses travaux sur les particules élémentaires. Chercheur dès 1940 pour le Laboratoire de physique nucléaire du Collège de France, il continua ses recherches au CERN de Genève jusqu'en 1989, où il met au point un détecteur de particules. Ses travaux ont apporté une grande améliioration dans la radiiographie. 
Grisha, juif né en Ukraine alors polonaise, il fait, sous le prénom de Georges, des études brillantes à Paris, qu'il est contraint de fuir avec sa famille à la veille de la rafle du Vel' d'Hiv'. Résistant, il est arrêté et déporté à Dachau. Il obtient la nationalité française en 1946.
Scientifique de renommée internationale, mais aussi pédagogue de talent. Il désirait vulgariser la science et avait pour ce faire écrit plusieurs ouvrages destinés à rendre la science accessible au plus grand nombre (Devenez sorciers, devenez savants ; Soyez savants, devenez prophètes). Pour lui, impressionné par la dynamique des programmes  d'enseignement des sciences exprémentales aux Etats-Unis, l'enseignement des sciences doit être facilité dès l'école primaire, et c'est dans cet esprit qu'il a coprésidé le programme "la main à la pâte".

"Si les religions n'arrivent pas à un certain oecuménisme et défendent leur Vérité comme absolue, alors le monde est promis à une guerre éternelle. Si elles pensent au contraire que chacune possède des valeurs à conserver, alors qu'elles s'en tiennent à elles, à celles qui leur sont communes er représentent un héritage de l'humanité"  (Georges Charpak, article du Monde des Religions, juillet-août 2004).

 

Michel Houellebecque, dans Les Particules élémentaires, mettait en scène deux demi-frères que tout oppose : un obsédé sexuel qui ne vit que pour le corps, et un pur esprit mathématique qui nie toute émotion. Si parfois une étincelle de bonheur peut jaillir, elle sera vite étouffée par l'inéluctable réalité de la mort.
"Lorsque deux particules ont été réunies, elles forment dès lors un tout inséparable."

La Fontaine revu et non corrigé

Je ne connais pas l'auteur de ces fables réécrites en langage sms, mais cela a dû être un sacré boulot. Je défie quiconque de parvenir à les lire s'il ne connaît pas les Fables par coeur !

la 6'gal' É la fourmi 
La cigale et la fourmi la 6’gale è’yan chan’T tou l’é’T, se trouva for D’pourvu kan la bize fu venu. pa 1 s’El peti mors’o 2 mouch’ ou 2 v’Rmiso. L ala krié famin’ ché la fourmi sa voazin’, la prian 2 l’8 prê’T k’Lke gr’1 pr subsis’T j’us’K la sèzon nouv’L. 
« J vs pè’yerè, l’8 10-t’L, avan l’out, foa d’animal, 1’T’rè É pr’1’6pal. » 
la fourmi n’es pa prêt’Eze; c’es la son mo’1dre D’fo. 
– ke fèzié-vs o tem cho ? 10-t’L a c’7 empr’1t’Eze; 
– n’8 et jr a tou venan J chantè, ne vs D’plèze 
– vs chantié ? jen s’8 for èze. é bi’1 ! dan’C m’1tenan. 


le ch'N É le rozô 
Le Chêne et le Roseau le ch’N 1 jr 10 Ø rozô 
vs’za’V bi’1 su’G d’a’Qzé la natur’ 1 roatel’É pr vs es 1 pezan fardô. 
le –dre ven ki d’aventur’ fè ri’D la fass 2 l’õ vs obli’J a bè’C la têt’ : 
cependan ke mon fron Ø kØ’Kz’ parè’ye, non kontan d’arê’T lê rè’yon du solè’ye, brav’ l’éfor 2 la tempêt’. 
tou v’z’es akilon, tou me sembl’ zéfir. 
enkor’ 6 vs nè’Cyé a l’abri du f’E’yaJ don J kouvr’ le voazina’J,
vs n’Ørié pa tan a soufrir : J vs D’fendrè 2 l’ora’J : 
mè vs nè’C le plu souvan sur lê umi’2 bor dê roa’yØm du ven la natur’ env’R vs me 100bl’ bi’1 1’just’. 
– votr’ kompa’6on, l’8 répon’10 l’arbust’, par d’1 bon natur’L ; mè ki’T ce sou’6. 
lê ven me son – K vs redoutabl’. J pli, É ne ron pa.
vs a’V juski’6 kontr’ l’Er kou épouvantabl’ rézisT’ 100 kou’B le do ; mè atendon la f’1.
kom il 10’zé cê mo du bou 2 l’orizon akour avek furi 
le plu T’ribl’ dê z’enfan ke le nor U porT’ jusk’-la ds sê flan. 
l’arbr’ ti’1 bon, le rosô se pli. 
le ven redoubl’ sê éfort, É fè 6 bi’1 k’il D’ra’6ne 
cel’8 2 ki la têt’ Ø 6’L étè voazin’, É don lê p’yé touchè a l’empir’ dê mor. 

le lièvr' É la tortu 
Le lièvre et la tortue ri’1 ne s’R 2 kourir; il fo partir a po’1 le lièvr’ É la tortu en son 1 T’moagna’J 
ga’Jon, 10 s’L-6, ke vs n’at’1dré po’1 6’to ke moa ce but.
– 6’to ? ête-vs sa’J ? reparti l’animal lé’G. 
ma kom’R, il vs fo pur’G avek 4 gr’1 2’lébor’. 
– sa’J ou non, J pari enkor’. 
1’6 fu fè : É 2 tou 2 on mi prè du but lê enJ’E : 
savoar koa, ce n’es pa l’af’R, ni 2 k’L ju’J l’on konv’1 
notr’ lièvr’ n’avè ke 4 pa a f’R; j’entan 2 c’E k’il fè lorske prè d’êtr’ at’1 il C’loagne dê chi’1, lê renvoa o K’len’2, É l’Er fè arpen’T lê lan’2. 
ayan, 10’J, du tan 2 rS’te pr brou’T, pr dormir, É pr ékou’T d’ou vi’1 le ven, il l’S la tortu alé son tr’1 2 C’nat’Er. 
L par, L C’v’Rtu ; L se ate avek lent’Er. l’8 cependan mépriz 1 t’L viktoar, ti’1 la ga’JEr a p’E 2 gloar’, 
kroa k’il i va 2 son on’Er 2 partir tar. il broute, il se repoz, il s’amuz a tout’ otre choz 
K la ga’JEr. A la f’1 kan il vi ke l’otre touchè pr’Ske o bou 2 la K’ri’R, il parti kom 1 trè; mè lê élan k’il fi 
fur’ v’1 : la tortu ariva la premi’R. 
é bi’1 ! l’8 kria-t’L, avè’J pa rèzon ? 2 koa vs s’R votr’ vit’S ? 6 vs portié 1 mèzon

le korbo É le renar 
Le corbeau et le renard mètre korbo, sur 1 arbre p’Rché, tenè en son bek 1 froma’J. mètre renar, par l’od’Er aléché, l’8 t’1 a p’E prè ce langa’J : 
« é ! bjr, mrs du korbo, ke vs ête joli ! ke vs me 100’blé bô ! 100 mentir, 6 votr’ rama’J se raport’ a votr’ pluma’J, vs ête le fénix dê ote 2 cê boa » 
a cê mo le korbo ne se 100 pa 2 joa; É pr montré sa b’L voa, il ouvr’ 1 lar’J bek, l’S tom’B sa proa. le renar 100 sèzi, É 10 :
« mon bon msr, aprené ke tou flat’Er vi ô D’pan 2 cel’8 ki l’ékout’ : c’7 leson vo bi’1 1 froma’J, 100 dout’ » . 
le korbo, ont’E É konfu, jura, mè 1 p’E tar, kon ne li prendrè plu. 


Là-haut sur la montagne…

Là-haut sur la montagne l'était un vieux chalet…

Chalet2010

Ce petit chalet est sympa, chaleureux, avec une vue imprenable sur les sommets, enneigés les trois quarts de l'année ; la salle de séjour, lambrissée de bois blond, n'attend plus que les tartiflettes, fondues et  tourtons  pour s'animer ;  ses chambres mansardées, petits nids chauds et douillets, sont toujours prêtes à accueillir enfants et amis… Un Génépi maison  pour faire monter la température ?
Vétuste lors de l'achat - son très vieux proprio dunkerquois n'ayant plus la force de faire le trajet jusqu'aux Alpes et encore moins celle de l'entretenir -, il se rénove au fil des mois. Enfin, il ne se rénove pas tout seul, il est bien aidé par un bricoleur avisé qui prend plaisir à l'enjoliver, et qui, je crois, prend aussi plaisir à s'y retrouver seul de temps à autre. Chaque dernière semaine du mois, ou chaque première semaine, selon ses obligations urbaines ; une telle régularité pourrait sembler louche !  

Un vrai petit coin de paradis !  Mais moi, je n'aime pas la montagne, je m'ennuie à la montagne, il fait froid à la montagne.
Pourtant, parfois, je suis tentée d'aller m'y retirer quelque temps, pour faire une pause dans ma vie, une sorte de retraite (à manger du reblochon !). Là haut, pas de téléphone, pas d'internet. L'isolement presque total, hormis quand Monsieur Bouygues daigne accepter les communications. Quand on est addict aux mails, à la blogosphère, aux réseaux sociaux, à toutes ces TIC qui portent un nom usurpé, c'est un lieu idéal pour se désengluer, pour se retrouver face à soi-même… et face aux moutons et leurs inséparables copines les mouches, aux choucas,  aux marmottes et parfois, par un merveilleux coup de bol,  face à un grand-duc.

Parfois je suis tentée, mais jamais suffisamment pour m'y rendre. Alors, je fais chaque mois une mini-retraite, bien au chaud dans ma maison, lorsque je reste seule parce que le bricoleur s'en est allé bricoler, là-haut sur la montagne, dans le vieux chalet !

Bon, pour la fin du monde, je prendrai ma valise, une simple chemise… j'irai là-haut sur la montagne ; on m'attend… C'est Gérard Palaprat qui me  l'a dit !

Faites le bon choix !

Par les temps qui courent, il devient de plus en plus difficile de reconnaître un bon turban et un mauvais turban.
Où sont les musulmans modérés ? Existent-ils seulement ?
Pour le savoir, voici deux documents qui vous permettent de distinguer immédiatement si un turban est un bon turban ou un mauvais turban.

Etudiez-les de très près, cela pourrait vous sauver la vie !

Un mauvais turban

Mauvais turban


Un bon turban

Bon turban

Et-ce clair maintenant ? Je suis heureeuse si j'ai pu vous rendre service.

C’est ballot, non ?

Taspasreçumonemail

ADDITIF :
Le jeune homme demande à la jeune fille : "Veux-tu m'épouser ?" – "Non", répond-elle. Et ils furent heureux jusqu'à leur dernier jour…

ADDITIF 2 : On fait quoi alors ?
La ministre de l'Economie Christine Lagarde a confirmé la fin du cadeau de mariage fiscal dont bénéficient les couples fraîchement unis ou séparés, dimanche sur Europe 1.
"On supprime cet avantage-là", a-t-elle déclaré, alors qu'elle était interrogée sur les différentes niches fiscales qui disparaîtront dans le budget 2011. Aujourd'hui, les couples qui se marient ou se pacsent, ou se séparent, peuvent remplir, pour l'année de leur union, trois déclarations de revenus: une individuelle chacun, pour la période avant les noces, et une commune, pour le reste de l'année. Cette astuce comptable permet de payer moins d'impôts, voire pas du tout, pour l'année en question. Dorénavant, les nouveaux couples devront choisir: soit ils remplissent une déclaration chacun pour toute l'année, soit ils en transmettent une commune au fisc. Les divorcés seront eux contraints de rédiger deux déclarations distinctes pour toute l'année.

Hier, aujourd’hui, demain… et après ?

« Lorsque l’on a peur de ce que sera demain, on fait revivre un passé qui semblait prometteur » (Danielle Rapoport, sociologue).

Pas faux, ce qu'elle dit ! Mais une fois qu'on sait cela, on peut se retourner et analyser sainement ce qui nous semblait si beau hier (ou avant-hier !). L'important est de ne pas être dupe de ses actions, de ses pensées, de ses choix. Il me semble tout à fait légitime de contempler avec indulgence  ce qui nous a plu dans notre jeunesse, qu'il s'agisse de vêtements, d'objets de décoration, de lieux… Il me paraît légitime de revoir des films et d'écouter avec une délicieuse nostalgie les musiques sur lesquelles nous avons dansé, ou flirté…

Ainsi un retour au pays natal, sur les traces de nos jeunes années, peut permettre de comprendre et de digérer des événements du passé dont nous n'avons jamais fait totalement notre deuil.  

 

Gare de Lens Depuis des années, je souhaite ce retour aux sources. Depuis des années, je diffère ce voyage. Je me racontais que je n'irais plus qu'une seule fois avant le grand saut dans l'au-delà, n'y aillant plus de famille, alors - peut-être par superstition - je remettais toujours à plus tard. Mais il est une heure où il devient nécessaire de se confronter à la réalité. Que vais-je y trouver ? J'ai encore cinq semaines devant moi et déjà ce voyage occupe toutes mes pensées. Je vais revoir ma maison (qui est à vendre), je vais revoir mon lycée, je vais boire une bière dans ce café où j'ai passé des heures alors que j'aurais dû être au bahut. Je vais flâner dans le jardin public, je vais arpenter les rues, reconnaissant tel pignon, humant telle odeur… Plus d'une fois, confrontée à des ombres, je vais éclater en sanglots, je le sais, mais comment faire l'impasse ? Pendant quelques jours, je serai cette jeune fille naïve qui croyait que ses rêves allaient se réaliser. Mais les ai-je totalement abandonnés ?

Je retournerai aussi dans ce charmant village où j'allais lors des vacances d'été à la pêche avec mon père en traversant un pâturage où paissaient quelques vaches tranquilles, qui cependant m'impressionnaient quelque peu, et j'y entendrai le carillon de l'église sonner chaque heure.

Je continuerai jusqu'à la côte, sur cette plage où, aux premières heures d'une aube estivale, j'avais rencontré Hugues Aufray. Cette seule évocation me fait sourire, près de cinquante ans plus tard ! Bien sûr, j'aurai froid, car je sais que le vent soufflera sur cette plage et que le sable me cinglera les jambes ; mais cela ne m'empêchera pas de tremper quelques instants mes pieds dans les "baches" laissées par la mer à marée basse.

 

 Plage du Nord

Et ce sera la Toussaint, alors une visite aux morts s'imposera ; comme "avant", je détaillerai les silhouettes qui foulent les allées, espérant y rencontrer des personnes connues. Mais à moins de croire aux revenants…

Je sais qu'il y a des endroits que je ne reconnaîtrai pas. Il en est des lieux comme des gens, ils changent avec le temps ; certains ont vieilli, se sont patinés, d'autres ont trouvé une nouvelle orientation, une autre vie. Qu'importe, je les regarderai avec les yeux de mon coeur.

Et puis je rentrerai, des images plein les yeux, des senteurs plein les narines, et surtout des souvenirs plein la tête. Mon coeur, mon coeur, ne t'emballe pas…

J'aurai enfin renoué avec cette part de moi que, déchirée, j'avais abandonnée il y a tant d'années. Cette part qui me faisait peur va pouvoir renaître, enrichie de toute une vie d'expériences accumulées, de petits bonheurs et de grandes peines. Je sais qu'à mon retour je ne serai ni tout à fait la même, ni tout à fait une autre. Et je sais surtout que je serai plus que jamais moi-même, enfin réconciliée, enfin apaisée.  

Et après ? Qui sait ? Moi je sais que là où j'irai, ce sera en toute liberté et avec sérénité.

La maîtresse a fait une dictée


Une dictée sans fautes.

Dans la cuisine du vieux chalet

Un ravioli, au fond d'un petit poêlon, réchauffe. Et il dore sous une couche de gruyère râpé. Le vieux chalet est bien tranquille. Pour le dîner, tout sera grillé, appétissant, fondant ! Le fromage est posé sur un plat ravissant. Sans doute, et d'une bouchée, il sera avalé ! Le saucisson, gras et bien tendre, sera coupé en rondelles. Et, servi sur un plateau, le chocolat bout, le verser sera délicat et dangereux ! D'un seul coup, il écume et gorge le chalet d'un bon et tranquille parfum.

*

Le petit Benoît a bien écouté. Il a écrit exactement ce qu'il a entendu. Pourtant, le résultat est inattendu !

Une dictée, 100 fautes !

Dans la cuisine du vieux chat laid

Un rat vit au lit, au fond d'un petit poêle long. Réchauffé, il dort sous une couche de gruyère râpé. Le vieux chat laid est bien tranquille : pour le dîner, tout ce rat, gris et appétissant, fond dans le fromage. Et posé sur un plat, ravi, sans s'en douter, d'une bouchée, il sera avalé ! Le sot, si son gras est bien tendre, sera coupé en rondelles et servi sur un plat. Oh ! le choc ! holà ! Bouleversé ce rat délicat est dangereux ! D'un seul coup, il écume, égorge le chat laid d'un bond et tranquille, part. Fin.

 

PS : j'ignore qui est l'auteur de cette dictée, bien sûr elle n'a rien à voir avec celle de Mérimée. Mais elle donne à penser que la vérité n'est pas une et indivisible, et que chacun voit midi à sa porte. Moins anodine qu'il n'y paraît à première vue, si l'on veut bien prendre la peine d'y réfléchir un instant…

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