au jour le jour, vous dévoile son éphéméride

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Le jour où j'ai ouvert mon blog il y a deux ans et demi (déjà !), j'ai mis en exergue cette phrase :

Etre libre, c'est servir par les forces de l'amour.

Jamais je ne pourrai renier ces mots. J'ai relu tous les commentaires qu'au fil du temps, vous avez bien voulu laisser à sa suite - parmi lesquels quelques moqueries et remarques désobligeantes - et parfois j'ai eu chaud aux yeux, au point d'avoir eu envie d'intituler cette note-ci : "A mes chers disparus !"

Aujourd'hui, au risque de paraître naïve, utopiste…  aux yeux de certains, je persiste et signe, car je suis absolument convaincue que c'est le seul sentiment qui mérite d'être éprouvé, la seule chose qui donne envie de vivre.  L'amour devrait être notre guide de tous les instants. Mais il ne faut  pas confondre amour  avec désir, volonté de posséder, passion dévorante…, mais l'envisager comme générosité,  tolérance, écoute, compréhension,  empathie, c'est-à-dire un amour qui donne sans rien demander, qui fait grandir et progresser, qui illumine et transfigure.

Vous ricanez ? Peu m'importe. Je me sens plus que jamais certaine d'être dans la vérité.
Même s'il est souvent la cause d'infinies souffrances.
Pas facile à mettre en oeuvre ? C'est certain. Mais je suis intimement persuadée que le jeu en vaut la peine.
Alors je vous souhaite de l'éprouver et de le recevoir. 

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1 blanche = 2 noires 

Pas de confusion !

Mon mari et moi avons depuis un certain temps quelques problèmes. Quand je dis : « depuis un certain temps » ou « quelques problèmes », c’est façon de parler ! Mais passons, je ne suis pas ici pour vous raconter ma vie conjugale.
Je voudrais vous dire au contraire que nous avons trouvé une solution au problème de nos véhicules. En effet, nous possédons la même voiture de marque Volkswagen, de la même couleur blanche. Comme mon mari est du genre étourdi, il se trompe souvent et "m'emprunte" la mienne.
Est-ce un problème ? Oui, parce que moi – vous savez comment sont les femmes – j’y trimballe tout un attirail absolument indispensable à ma survie, ma voiture est mon sac… en grand ! C’est ainsi qu’on trouve dans la boîte à gants des biscuits, du chocolat, une bouteille d’eau, les clés d’une copine, un ou deux bouquins en cours de lecture… un sex-toy (mais non, voyons !) ; et dans le coffre, non seulement il y a de quoi se protéger du froid (grosse veste, plaid), un gros coussin (tiens, un gros coussin et un plaid, de quoi s'intaller confortablement dans l'herbe !), mais aussi du chaud (maillot de bain, serviette éponge…),  ainsi que parfois une bouteille d’un délicieux alcool, en réserve  au cas où j’aurais une occasion de la partager (alors que je ne bois pas d’alcool).
Tout cela pour vous dire que ma voiture fait partie de moi, sans elle je ne suis rien, ou bien si peu de chose…
Pour éviter cette permutation agaçante causée par mon mari, j’ai trouvé la solution : faire repeindre nos deux voitures ! Depuis, mon mari ne fait plus d’erreur, et je dispose enfin du véhicule qui me ressemble !

Ma voiture 

Sa voiture 

Ode à Aix

Vendredi, 21 heures, le soleil quitte le rempart des nuages pour plonger dans la campagne aixoise, au milieu des ors rougeoyants.

Coucher sur Ventabren 

Fragment de ciel Aix est une cité enchanteresse, où la culture sous toutes ses formes se laisse appréhender chaque jour.

Hier, j'ai visité en avant-première le musée Granet qui abrite la collection Planque, peintre qui, à l'exemple de Cézanne, constitua sa collection faite de coups de coeur et des rencontres exceptionnelles : de Picasso à Dubuffet en passant par Braque, Dufy, Laurens, Léger, Klee, Bissière, de Staël…

 Planque

Puis le salon Vivre Côté Sud qui, traditionnellement, tente ses visiteurs par près de 200 étalages répartis en différents thèmes, habitat, décors, brocante, jardin, talents, saveurs. Un parcours dans le décor bucolique du parc Jourdan, régal pour les yeux et pour le palais !

Aujourd'hui samedi, ce n'est pas que je m'ennuie avec vous, mais le soleil est au rendez-vous, ainsi que les diverses animations de "C'est Sud", dont :

Fragment de ciel Fragment de ciel, de Romain Rambaud : une installation qui associe un fragment de ciel, un nuage tombé du ciel et une fontaine éphémère. Un bloc bleu en suspend, de l'eau qui coule et tombe dans le bassin en dessous.
L'occasion, en partant de cette fontaine, de revisiter les nombreuses fontaines aixoises qui contribuent au charme de cette ville thermale.
 

Labyrinthe éphémère Labyrinthe éphémère, de Caroline Le Méhauté, fait de briques de tourbe de coco, par les spectateurs tant adultes qu'enfants. Labyrinthe évocateur des mythes et des légendes, et du voyage.  Les "voyageurs", en arrosant les briques desséchées et compressées de ce labyrinthe, créeront des gonflements irréguliers et le métamorphoseront.

Des concerts un peu partout, musique classique, opéra, du théâtre…
Sur le cours, le nouveau spectacle des Cotton Candies - des potes à moi – qui proposent un voyage, par la route 66,  à travers les Etats-Unis dans un spectacle sous forme de tableaux, allant de New York dans les clubs de jazz, à la côte Ouest, en passant par la Virginie et la Nouvelle-Orléans ; ça va swinguer ! 

Je file, je vous raconterai…

 

*

Pas mal de déceptions, des chanteurs d'opéra de rue, a capella,  quasiment inaudibles ; deux expos moches (à mon goût) dans un très beau lieu ; des installations insignifiantes…
Quelques consolations : les dessins faits par des élèves d'écoles aixoises qui décorent les platanes du cours ; mon pote Clément - de plus en plus beau, ah si j'avais trente ans ! –  au clavier et son orchestre qui ont fait voyager les spectateurs en rythme  ; et surtout quelques pas de danse improvisés devant les 2G avec un hurluberlu animateur de rue !

 

     Oblats 1         Clément 1        Granet St jean 1

Alors je suis rentrée, mes sushis sous le bras, bien plus tôt qu'hier. Même le soleil faisait grise mine !

     

Coucher sur Vent 2 

Kul Kul

 

J'ai tout mangé le chocolat… 

Acrasie

Qui me l'a soufflé, ce mot-là ? Eh non, ce n'est pas mon philosophe habituel, cette fois c'est Alexandre*  !
Mais kesako l'acrasie ? C'est un concept philosophique, aussi appelé "incontinence",  qui consiste à agir à l'encontre de son meilleur jugement. Faiblesse de la volonté, incapacité à être fidèle à ses résolutions, absence de pouvoir sur soi, contradiction entre sa pensée et son action, entre ce que l'on croit bon et de ce que l'on fait, opposition entre désir et raison.
C'est la cata, me voilà abattue pour le reste de ma vie !
Allons donc visiter les philosophes, avec l'espoir d'en rencontrer un qui va me sortir de ce paradoxe que je trouve aliénant. 

Selon Spinoza, si nos actes sont dans la continuité de "ce que nous avons jugé bon de faire", il n'y a pas d'effort à faire, il n'est pas nécessaire d'exercer une volonté puisque c'est la raison qui guide. Bien. Oui mais… sous l'emprise de la passion, où est la raison ? La volonté peut-elle encore s'exercer ? Que devient la logique qui voudrait que l'on privilégie ce qui nous est agréable ? Existe-t-il une liberté du choix ?
Camus va jusqu'à envisager qu'à la limite l'acrasie peut conduire au suicide, et il n'est pas le seul, si l'on se réfère à Goethe qui considère le suicide non comme un acte libre, mais un impérieux besoin, seule façon de sortir de l'enfermement (de l'entonnoir).  

Je préfère revenir à Spinoza, qui me tire plus souvent vers le haut que vers le bas, et réfléchir sur l'importance du conatus (effort qui augmente chez l'étant sa puissance d'être).
« On ne désire pas une chose parce qu'elle est bonne, c'est parce que nous la désirons que nous la trouvons bonne. » 
Si c'est le désir qui produit la valeur, alors pourquoi se torturer les méninges ? Il n'empêche que j'ai le sentiment de me compliquer l'existence en tentant de comprendre ce concept d'acrasie. Moi qui espérais que j'allais ainsi "améliorer" un peu mon moral… Je m'y reconnais trop peut-être. Pourvu que je ne finisse pas comme l'âne de Buridan !

Quand on est dans l'entonnoir, pourquoi ne pas se diriger vers la partie haute plutôt que vers le bas, afin d'avoir une vision claire de l'action à avoir envers les éléments inférieurs ? Ce serait probablement un acte libérateur. Mais encore faudrait-il que l'acrasie ne soit pas un manque de vision et de compréhension des forces qui nous agitent.

"Ainsi, lorsque des désirs s’opposent en moi, je peux prendre le temps de délibérer pour essayer d’intégrer dans ma vie le terreau sur lequel s’épanouira le grand désir, le vrai qui m’habite, celui de goûter la joie dans la liberté. Si le désir peut nous aliéner, c’est aussi lui qui peut nous délivrer."
Je partage ces mots d'un inconnu, que je vais tenter de faire miens, en continuant mes cogitations  toute seule dans mon coin.

* Alexandre Jollien, Le Philosophe nu, Seuil, 2011.

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