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Saint Bousingot

Il en est des noms comme des enfants, on a parfois au fond du coeur un petit préféré…
C'est ainsi qu'un lecteur et néanmoins ami a souhaité que je vous parle de Bousingot, tâche malaisée s'il en est ! Preuve qu'il y a de faux amis tout comme il y a de faux saints !

Saint Bousingot, que certains écrivent Bousingo ou Bouzingo (les noms propres n'ont paraît-il pas d'orthographe), est un grand romantique d'origine anglaise. Son arrière-arrière-grand-père, dénommé Bowsing Ken, aimait à fréquenter les lieux mal famés, les cabarets et les bordels, où il était réputé pour le tintamarre qu'il y faisait chaque fin de semaine.
Notre Bousingot porte toujours, comme vissé sur son crâne aux longs cheveux tombant jusqu'au milieu du dos, un chapeau en cuir verni, plat, au bord légèrement relevé, comme celui des marins, mais chez lui il s'agit de la pièce principale de sa panoplie de grand romantique. Car s'il est, comme ses lointains ancêtres, un étudiant révolutionnaire, toujours présent sur les lieux d'émeutes, il est avant tout un poète admirateur de Théophile Gautier, allant jusqu'à porter en toute circonstance un gilet rouge comme ce dernier portait à la première d'Hernani
Il se fait parfois traiter de punk, de hippie, ce qui le fait sourire, pensant que  Philothée O'Neddy l'aurait appelé "brigand de la pensée", comme certains de ses congénères. Car notre Bousingot est féru de littérature. Son livre de chevet est un ouvrage de Jean-Luc Steinmetz, paru aux éditions Corti, qui fait découvrir Pétrus Borel dit le Lycanthrope, "étoile filante littéraire", qui fit partie du Petit Cénacle et de la camaraderie du Bousingo, ces émeutiers républicains romantiques du début du XIX° siècle, auteur de Madame Patiphar et de Champavert, contes immoraux. Il pousse aussi parfois la chansonnette et fredonne volontiers sous la douche "Nous avons fait le bouzingo"…

BouzingoPreuve s'il en est, comme je le répète régulièrement à mes fils, que "bon sang ne saurait mentir" !

Notre Bouzingot déteste se faire tirer le portrait, mais j'ai pu retrouver ceux, fort anciens, de quelques-uns de ses ancêtres.

PS : Ceux qui veulent en connaître davantage sur cette famille pourront tirer profit de la lecture des Contes du Bouzingo, publié collectivement par les membres du Petit Cénacle ; tout comme Gérard de Nerval dans La Main de Gloire ou Théophile Gautier dans Onophrius Wphly

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