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Pentecôte

L'an dernier, j'osais le diction : Pentecôte humide, Noël splendide ! Femme humide, homme turgide !

Mais les temps ont changé, l'heure n'est plus à la bagatelle, j'ai réintégré ma peau de vieille dame bien sage qui s'interdit des plaisanteries grivoises et qui n'attend plus de lendemains qui chantent…

Voici donc le week-end de la Pentecôte. Je pourrais vous rappeler que cette fête a lieu 50 jours après Pâques, plus exactement 7 fois 7 jours, soit 49 jours, auquel on ajoute le jour même de Pâques (façon ancienne de compter).

Si l'Ascension (de la côte ?) célèbre Jésus qui s'envole dans les cieux, la Pentecôte, pour nous consoler, célèbre la descente (de la pente ?) du saint Esprit. Le corps de Jésus n'est plus, mais son esprit demeure ad vitam æternam (cf. le livre des actes des Apôtres, 2e partie de l'Évangile de Luc).

L'esprit saint, symbolisé par la colombe, c'est surtout l'esprit de fraternité. Un être saint est un être bon, un être qui aime son prochain plus que tout. C’est l'esprit d'amour qui nous anime et nous fait aimer notre prochain comme nous-mêmes.

Je vous referais volontiers mon petit couplet sur l’épître de Paul aux Corinthiens mais vous la connaissez par cœur, depuis que vous me lisez…

 

Pentecote_versailles

Descente du saint Esprit sur les apôtres,

Jean Jouvenet, chapelle du château de Versailles

 

Mais assez de bons sentiments. L’amour, c’est comme la confiture, quand il y en a trop, ça dégouline ; par contre, moins il y en a, plus on l’étale.

Ironisons plutôt sur ce nom bizarrement constitué de pente-côte. Il faudrait savoir de quoi on parle ! C'est une pente ou c'est une côte ? Une côte qui suit une pente, et vice versa ?

La Pentecôte serait-elle synonyme de cyclothymie ? Tiens, ça me rappelle quelqu'un…

Quand je vais mal, je descends la pente, à toute vitesse, j'arrive au fond du trou, je me lamente, je pleure, je spasmophile, je tétanise, je vertige, je titube, je crise, j'ai mal à en crever, d’ailleurs je voudrais mourir…

Quand je vais bien, je remonte la côte, les mollets en béton, du soleil plein les yeux, éblouie par tant de beautés, m’extasiant d’un rien, frémissante, joyeuse, avec un appétit à dévorer le monde et des désirs dans le creux de mes reins…

Un mot, un simple mot m'anéantit ; un mot, un simple mot, me fait voir la vie en rose. Je devrais me faire soigner, peut-être ? Je crains que ce ne soit trop tard. Le mal est là, bien là, à chaque instant, inguérissable. Alors, je vis avec, je copine, je sympathise. Et puis, c’est amusant, les montagnes russes, il y en a qui paie pour en profiter dans les fêtes foraines… Je ne vais donc pas faire ma bégueule.

Bien sûr, tout dépend de la pente de la côte, de la cote de niveau, du dénivelé, du degré d’inclinaison. A ne pas confondre avec un degré d’inclination, cette force intérieure et naturelle qui oriente spontanément ou volontairement la personne vers un objet, un goût, un but… Vers quelqu'un qui aurait la cote, en somme. 

Plutôt que d’abonder dans le sens de Sacha Guitry qui disait que l’on est d'abord côte à côte, puis face à face, puis dos à dos, traduisant ainsi la difficulté voire l'impossibilité d'une vie à deux, je préfère croire qu'il est possible de gravir ensemble, d'une même foulée, la pente de l'existence, aussi raide soit-elle. A moins d'avoir l'immense bonheur de fouler aux pieds le sable de la plage (de MA plage) sur une côte qui s'est faite littoral.

 

Additif : L’esprit saint existe, il a survolé ma voiture ce matin.

 

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