au jour le jour, vous dévoile son éphéméride

Archives de juin, 2009

Martial

Martial vient du latin martialis, mot dérivé du dieu romain de la guerre, Mars. Rien que d'écrire le mot "guerre", mes poils se hérissent, je déteste, je hais, j'exècre, j'abhorre…

Je n'apprécie que modérément la loi martiale qui instaure dans un pays un état judiciaire d'exception, au sein duquel l'armée assure le maintien de l'ordre à la place de la police.

Je n'ai pas souvenir d'avoir étudié au lycée le poète latin Marcus Valerius Martialis, plus simplement nommé Martial, réputé pour ses Epigrammes où il attaque, entre autres, les débauchés et les femmes âgées, grosses ou maigres.

Je n'ai jamais pratiqué aucun des arts martiaux, enseignement d'une technique de combat, de la connnaisance et la maîtrise de soi.

Mais j'ai souvent écouté Martial Solal, pianiste de jazz, compositeur, de musique de films entre autres (A bout de souffle, Léon Morin prêtre, Le Testament d'Orphée, Les Acteurs, Le Procès…)

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Saint Pierre, saint Paul

649px-Martyrdom_Michelangelo Frère d'André, Simon est rebaptisé Pierre par le Christ, en raison du rôle qu'il va jouer pour l'Eglise : "Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon église" (Matthieu, XVI, 17). La mission qui lui est confiée, être un pêcheur d'hommes, est celle de toute l'Eglise. Pierre est celui qui renie le Christ trois fois. Vers 44, il part pour Rome où il organise l'Eglise romaine dont il serait le premier évêque. Il aurait fui son martyre, mais il aurait rencontré le Christ portant sa croix et allant vers Rome. A la question "Où vas-tu, maître ?" (Quo vadis, domine), le Christ lui aurait répondu qu'il allait se faire crucifier une seconde foi puisque lui, Pierre se défilait. Retrouvant sa foi, il demandera à être crucifié la tête en bas, par humilité, afin de ne pas mourir comme le Christ. on situe sa mort vers 64 ou 67, le même jour que Paul.

 
Michelangelo._Conversion_of_Saint_Paul._1542-1545._Frescoes

Paul – Saul, son nom d'origine - est issu d'une famille juive naturalisée romaine. Jeune, il a participé à la persécution des chrétiens. A 25 ans, il est aveuglé par un éclair et entend la question suivante : "Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu ?" Converti, il se fait baptiser et prend le nom de Paul (le petit) par humilité.  Emprisonné à Damas, il parvient à s'échapper en se faisant descendre dans un panier hors de la ville. La communauté chrétienne se défie de lui. Il reste l'objet de polémique. Il a développé une une théologie complexe qui joue un rôle primordiale dans l'évolution de l'Eglise. Comme Pierre, il est victime de Néron, mais en tant que citoyen romain, il a le privilège de mourir décapité.

 

Irénée

 Elle s'appelait Irénée
Elle était envoûtée
Par le charme hidalgo
Les castagnettes et le tango
Son souhait le plus ardent
De prendre pour amant
Un beau caballero
Un vrai, tout en chair et en os

AÏ, aï, Irénée, pourquoi n'es-tu pas née
En pays latin, plutôt qu'en pleine Vendée
Aï, Aaï, que dolor, de n'avoir pas le corps
Des andalouses, que l'on jalouse et
qu'on adore
C'est pourquoi, pas à pas, elle envia
les appâts
Qu'elle n'avait pourtant pas, aï, aï,
Quelle déception !

Consumée par sa passion
Elle tenait toujours bon
Dansant le flamenco
Sur son parquet à coup d'sabots
Mais un jour, n'y tenant plus
Elle reprit le dessus
En bateau s'embarqua
Direction la Costa Brava
Aï, je suis folle de voir tant d'Espagnols !
Criait l'hystérique en péninsule Ibérique
Mais l'allégresse fit place à la détresse
Quand dans un bal, elle découvrit
l'ampleur du mal
Les madones endiablées se raillaient d'Irénée
Car tous les Espagnols la trouvaient
mollassonne !

Tel un taureau dans l'arène
Fonçant sur tout c'qui bouge
Irénée hors d'haleine,
Furieuse, finit par y voir rouge
Saisissant les éventails,
Les cheveux en bataille,
Irénée frappait fort,
Avec la grâce d'un matador
Mé qué, mé qué, mais quelle mouche l'a piquée ?
Bégayaient ainsi les conchitas qu'on tapait
Aï, aï, caramba, mama, quelle corrida! ?
Bissaient les gars qui, ma foi, n'en
revenaient pas
D'assister à ceci, tout ça sans sourciller
Se gardant bien d'y mettre le holà, olé!

C'est donc en perdant la tête
Qu'Irénée fit la conquête
De la population
Mais surtout d'un certain Ramon
Quant au bellâtre, elle eût dit
Oui, tu es le mâle de ma vie ?
Elle en profita aussi
Pour avoir le mal du pays

Aï, je voudrais
Tant revoir ma Vendée
Aï, mon Ramon
Ramène-moi z'y, si tu es un homme?
Le pauvre gars,
Ma foi, n'eut pas le choix
Avec Irénée
Franchit donc les Pyrénées
Et voilà qu'en Vendée, l'on se vante,
à tout va
D'avoir tous les soirs de la s'maine
une corrida
Chez soi !

(Paris Combo)

Fernand

Une série de vidéos aujourd'hui… Du gai au triste, du rire aux larmes…


 

 
 

Anthelme

Qui c'est celui-là ? Gogole, au secours ! Ouf ! Anthelme était le prénom de Brillat-Savarin, voilà qui me met l'eau à la bouche… Je vous en prie, ne soyez pas farouches…

Brillat-Savarin, aîné d'une famille nombreuse, nacquit dans le Bugey où il prit goût à la cuisine, grâce à sa mère, cordon bleu accompli. Après des études de droit, un peu de médecine et de chimie, il devient avocat et est élu député du Tiers Etat à l'Assemblée constituante ; royaliste, il se déclare contre l'abolition de la peine de mort. Contraint à l'exil, en Suisse, en Hollande, aux Etats-Unis, il y découvre des plats aux saveurs différentes. De retour en France, il est nommé conseiller à la Cour de cassation et continue à s'intéresser à la gastronomie ; il apprécie les bons restaurants, reçoit ses nombreux amis et cuisine pour eux quelques spécialités. Un livre allait le rendre céléèbre : Physiologie du goût ou méditations de gastronomie transcendante, ouvrage théorique, historique et à l'ordre du jour, dédié aux gastronomes parisiens par un professeur, membre de plusieurs sociétés littéraires et savantes. Rien que ça !

400px-Jean_Anthelme_Brillat-Savarin

Le critique littéraire Roland Barthes lui rend ainsi hommage : « Le livre de Brillat-Savarin est de bout en bout le livre du "proprement humain", car c’est le désir qui distingue l’homme. »

Le nom de Brillat-Savarin fut donné à de nombreux apprêts et à une garniture faite de foie gras et de truffes. A un fromage, triple crème, aussi, un délice, doux au palais, fondant dans la bouche…
Voilà qui me rappelle une de ces citations, dont il était friand : "La table est le seul endroit où l'on ne s'ennuie jamais pendant la première heure." Le seul ?  A débattre ! 

Prosper

Un petit mot de Prosper Mérimée ? Une dictée, par exemple ? LA dictée ?

Pour parler sans ambiguïté, ce dîner à Sainte-Adresse, près du Havre, malgré les effluves embaumés de la mer, malgré les vins de très bons crus, les cuisseaux de veau et les cuissots de chevreuil prodigués par l’amphitryon, fut un vrai guêpier. Quelles que soient, et quelque exiguës qu'aient pu paraître, à côté de la somme due, les arrhes qu'étaient censés avoir données à maint et maint fusilier la douairière et le marguillier… il était infâme d'en vouloir pour cela à ces fusiliers jumeaux et mal bâtis, et de leur infliger une raclée, alors qu'ils ne songeaient qu'à prendre des rafraîchissements avec leurs coreligionnaires. Quoi qu'il en soit, c'est bien à tort que la douairière, par un contresens exorbitant, s'est laissé entraîner à prendre un râteau et qu'elle s'est crue obligée de frapper l'exigeant marguillier sur son omoplate vieillie. Deux alvéoles furent brisés ; une dysenterie se déclara suivie d'une phtisie. — Par saint Martin, quelle hémorragie ! s'écria ce bélître. À cet événement, saisissant son goupillon, ridicule excédent de bagage, il la poursuivit dans l'église tout entière.

St Jean le Baptiste – Solstice d’été

Pour fêter le solstice d’été, voici quelques réflexions sur saint Jean le Baptiste.

 

Jean le Baptiste et les Esséniens

Fils d'Élisabeth, femme réputée stérile, et du prêtre Zacharie, sa naissance fut annoncée par l'ange Gabriel. Jean, d'origine sacerdotale, porte ce prénom alors qu'il était inusité chez ses ancêtres et qui signifie Dieu fait grâce.

Adolescent, il se rend dans le désert où il rencontre probablement des Esséniens qui vont fortement l'influencer. S'il fut novice essénien, il devint ensuite dissident.

Les communautés d'Esséniens vivaient en marge du judaïsme officiel, c'étaient des moines vivant en communauté ou dispersés en petits groupes étroitement unis. Libres, s'entr'aidant, détachés des biens matériels, partageant leurs biens, consacrés au sacerdoce, ils étaient les serviteurs de Dieu. Ils vivaient dans le respect de leurs rites :

– entrée du postulant soumise à un vote ;

– baptême d'eau pure marquant l'entrée au noviciat ;

– port d'habits blancs ;

– repas en commun de caractère sacré ;

– assemblées secrètes.

St Jean B Cela constitue l'essentiel de leurs rites en analogie avec ce que la franc-maçonnerie a pu en retenir : l'entrée du postulant, le baptême initiatique, le port de l'habit, le repas à caractère sacré et les assemblées secrètes. Mais cette notion n'est pas une exclusive des francs-maçons. Elle est commune à certaines églises ainsi qu'à certaines sectes. Une grande différente certes, c'est la liberté permanente qui leur est offerte de quitter l'assemblée sans jugement ni opprobe ; la reconnaissance de la fraternité reste acquise dans toutes les circonstances. Une autre similitude avec les Esséniens et la tradition de Jean le Baptiste est que la hiérarchie n'y a pas de caractère permanent, elle est une charge et non un titre.

Les Esséniens pratiquaient la communion par le partage du pain qui deviendra plus tard eucharistique. Cettre communion partagée à l'identique procède de la même intention de : être avec, partager l’esprit.

Ils étaient astreints en permanence à un travail intellectuel, étudiant l'histoire de leur communauté afin de tirer l'enseignement des écritures. Le souci permanent des francs-maçons de puiser dans leurs rites et dans leur histoire les enseignements de l’évolution procède aussi de la même intention, les textes sont le support de la réflexion sans en revêtir le caractère sacré.

Leurs prières demandaient à Dieu d'être épargnés lors du baptême du feu que subirait le monde. Cela sépare un peu la franc-maçonnerie de l'esprit essénien ; en effet, l'appréciation de la rémission divine est affaire de conscience et de liberté individuelles, même si les textes maçonniques ont en filigrane cette tendance, ils n'en ont pas le caractère dogmatique.

Le baptême

L'essentiel des actes effectués par Jean était le baptême par immersion ; cela peut sembler anodin, il a par contre une importance capitale pour être le baptême des prosélytes païens entrant dans le judaïsme :

– le baptême provoquant une renaissance (métanoia) encore plus qu'une purification ;

– la préparation au baptême du feu, qui réduira l'univers en cendres.

Jean Baptiste était prophète, il prêchait la conversion en vue de l'avènement du royaume messianique.

« Un plus grand que lui viendra qui baptisera dans l'esprit saint (pour les justes) et le feu (pour les méchants). »

Le baptême de Jean est un baptême de conversion, disant au peuple de croire en celui qui viendrait après lui, c'est-à-dire en Jésus.

Il réclame aux convertis de croire, le moyen qu'il leur donne, c'est l'ascétisme ; son but, c'est de se préparer au jugement dernier par la pénitence et la prière, afin de traverser l'Apocalypse et d'atteindre Dieu.

Avant le baptême, Jean avait reconnu en Jésus un Maître incomparable, celui qui recevra, puis donnera le baptême dans l'Esprit.

Au-delà de l'esprit manichéen du noir et du blanc, Jean présuppose la venue de ce qui peut être la continuité da la pensée essénienne, il en présuppose les limites et il annonce un porteur de l'Esprit qui ira plus loin que le manichéisme et qui sera Amour.

La franc-maçonnerie peut se retrouver dans le symbole de la Lune et du Soleil, du précurseur et du messie, du Baptiste au Christ. La lune brillant d'une lumière qui n'existe pas encore.

Jean est l'annonciateur de la Lumière victorieuse, lors du combat au terme duquel Dieu devait remporter la guerre des Fils de la Lumière contre les Fils des Ténèbres. Jean appelle Jésus agneau de Dieu, non pas victime pascale, mais roi apocalyptique. Chez les Esséniens, l'agneau est le triomphateur du ciel et l'image du messie glorieux. Ce passage de l'état de victime, c'est-à-dire celui qui va subir, à l'état de roi, c'est-à-dire celui qui va dominer le combat et le transcender dans l'esprit, est bien la grande séparation d'avec l'esprit judaïque ; il est proche de l'esprit maçonnique.

Le caractère de combat dans le désert entre royaume de Dieu et royaume de Satan, disant qu'on ne peut résister aux puissances du mal qu'avec l'aide de Dieu, n’affronter Satan que dans la certitude de rencontrer Dieu, animer ce combat dans un corps affamé plus apte à recevoir les nourritures divines, adresser des prières de caractère eschatologique et apocalyptique, serait là l'ensemble des caractères de l'enseignement de Jean le Baptiste s'adressant à l'hérésie protestante, aux intégrismes religieux ou bien encore à ce qui en a été le prolongement…

La mort de Jean, décapité par Hérode Antipas pour plaire à Salomé, marque la fin de l'Ancien Testament et l'ouverture des temps messianiques. La politique l'emporte sur le spirituel. Jean fut un serviteur souffrant comme le sera le messie qu'il était chargé d'annoncer. Il laisse des disciples qui allaient contribuer fortement à ébranler le judaïsme et à favoriser la naissance et l'épanouissement de l'Église chrétienne.

Cette décapitation revêt un caractère symbolique, Jean n'aurait pas pu mourir de vieillesse dans un lit, serein, sa fin n'aurait pas été digne de sa vocation, le décollement de la tête nous enseigne la spiritualité transcendée par le principe féminin, celui de l'intuition de l'avenir, illustré par Salomé, femme et principe.

Jean est bien une borne de l'esprit maçonnique, il sépare de l'anecdote de l'Ancien Testament pour positionner les francs-maçons dans un esprit chrétien débarrassé de son église. À ce titre, la franc-maçonnerie peut y retrouver ses marques.

Jean le Baptiste, qui fonde sa vie sur le devenir, est le porteur de l'Espérance.

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